jeudi 18 décembre 2008

Cumpleaños feliz... sous la neige

Le treize décembre, en après-midi, je me lève encore un peu poqué de la nuit passée. Il est presque trois heures et j’entame mon déjeuner. Environ un quart d’heure plus tard, je me sens remis sur pieds et prêt à entamer la journée chargée incluant un souper entre amis au bar El Punto et un botellón dans les rues de Graus. J’attrape rapidement une veste et une paire de soulier et je passe la porte pour me diriger vers la calle Barranco où il y a la Feria de Santa Lucía, un grand marché dans la rue. Je m’arrête un instant, lève les yeux vers la basilica de la Peña et c’est alors que j’aperçois un millier de flocons d’un blanc immaculé virevoltant tranquillement sous le vent des montagnes. La neige se dépose tout doucement sur les toits de tuiles rouges, créant ainsi un paysage magnifique, idyllique. Je profite du spectacle et ce-dernier me rappelle le lointain Québec et ses arbres couverts de poudre blanche. Arrivé à la rue Barranco, je constate que les marchands ont tous levé le camp en deux temps trois mouvements à la simple vue du premier flocon, laissant malheureusement derrière eux une traînée de déchets – comportement peu surprenant pour des Espagnols - qui, pour le moins, sera vite ensevelie par la chute importante de neige.

Nous nous retrouvons tous au Bardají et discutons autour d’un café. Alodia, Nadia et moi nous remémorons de la soirée de veille, passée à la Bullanga. Je leur rappelle, un sourire aux lèvres, qu’ils ont grimpé sur la scène pour danser au son de la musique de Bruixa Express, un groupe ska-rock de Lleida. On se raconte la fin de soirée et les chupitos avec le batteur du quintuor. Alodia me montre le SMS que je lui ai envoyé la veille et dont je ne conserve qu’un souvenir flou.

Comme de bons et véridiques Espagnols, et encore plus comme Aragonais, nous profitons tranquillement du temps qui passe. Disfrutar de la vida. Quand nous nous décidons enfin à nous lever de la table (notre table) pour aller sélectionner les conconctions de la nuit, il fait déjà noir et la neige n’a pas cessé de tomber. Après avoir expliqué en quoi consiste la sloche et avoir proposé la traduction « eslocha » (néologisme en attente d’approbation par la Real Academia), nous effectuons les transactions nécessaire, non pas sans difficulté car trouver une seule bouteille d’Amaretto fut toute une épopée, constatant l’abondance de spiritueux, liqueurs et bières de tout genre. Comme on dit, on était prêt pour aller veiller.

Juste avant de partir pour le souper, à 9h30, Montsé m’annonce qu’elle a un cadeau pour moi (en plus du voyage à Paris pour le nouvel an). J’extirpe de la boîte un magnifique manteau de néoprène acheté le jour même à la feria. Je le revêtis fièrement, et quitte la maison pour n’y entrer que comme personne majeure.

Nous nous amusons tous en mangeant, malgré la partie de futból qu’on ne peut voir entre Madrid et Barcelona – un match important pour déterminer la meilleure équipe, les passionnés du football d’ici appartenant aux deux camps du Real Madrid et du Barça. La pizza, la salade, les pimientos del padrón (« Y’en a qui piquent et d’autres que non ») et les frites de Mari nous plaisent beaucoup. Les grausinos étudiant à Barcelone, Huesca et Lleida se joignent à nous malgré la neige et à mon plus grand enchantement.

Nous nous dirigeons ensuite jusqu’à la Plaza Mayor et c’est alors que la cloche de la basilique commence annonce minuit. Ça y est ! J’ai maintenant officiellement 18 ans, en Espagne du moins ! On me félicite de toutes parts ! Nous procédons à l’ouverture officielle de notre propre bar. Les gens qui sortent des bars où ils regardaient la partie passent et se retournent à la vue de notre installation. Nous chantons à tue-tête et offrons des cubatas à toutes les personnes que nous connaissons. La place centrale est ce soir plus belle que jamais.

Nous décidons de continuer la fête à la Bullanga, comme toujours. Malgré que « y’avait pas grand monde dans place », le plaisir est au rendez-vous.

¡¡¡ FIESTA !!!

¡Jens!, ¡Torretas!, ¡Paux!, ¡Alodia!, ¡Adri!, ¡Julia!, ¡Blanca! ¡Nadia! ¡Carolina!

¡Alegría! ¡Suave! ¡Shine on! ¡Calabria! ¡Rise up! ¡Love don’t let me go! ¡”la chanson espagnole que j’aime bin mais que j’connais pas le titre”!

¡Cuba libre! ¡Calimocho! ¡Melocotón! ¡Tequila! ¡Cerveza! ¡Vino tinto y blanco! ¡Lambrusco! ¡Amaretto!


Il est 5h30. Je rentre à la maison à l’aube du jour avec le bourdonnement de la musique dans les oreilles et le sourire aux lèvres. Je ferme les yeux en me disant que je ne regrette pas d’avoir eu l’audace.

J’appréhende même déjà le retour.