jeudi 18 décembre 2008

Cumpleaños feliz... sous la neige

Le treize décembre, en après-midi, je me lève encore un peu poqué de la nuit passée. Il est presque trois heures et j’entame mon déjeuner. Environ un quart d’heure plus tard, je me sens remis sur pieds et prêt à entamer la journée chargée incluant un souper entre amis au bar El Punto et un botellón dans les rues de Graus. J’attrape rapidement une veste et une paire de soulier et je passe la porte pour me diriger vers la calle Barranco où il y a la Feria de Santa Lucía, un grand marché dans la rue. Je m’arrête un instant, lève les yeux vers la basilica de la Peña et c’est alors que j’aperçois un millier de flocons d’un blanc immaculé virevoltant tranquillement sous le vent des montagnes. La neige se dépose tout doucement sur les toits de tuiles rouges, créant ainsi un paysage magnifique, idyllique. Je profite du spectacle et ce-dernier me rappelle le lointain Québec et ses arbres couverts de poudre blanche. Arrivé à la rue Barranco, je constate que les marchands ont tous levé le camp en deux temps trois mouvements à la simple vue du premier flocon, laissant malheureusement derrière eux une traînée de déchets – comportement peu surprenant pour des Espagnols - qui, pour le moins, sera vite ensevelie par la chute importante de neige.

Nous nous retrouvons tous au Bardají et discutons autour d’un café. Alodia, Nadia et moi nous remémorons de la soirée de veille, passée à la Bullanga. Je leur rappelle, un sourire aux lèvres, qu’ils ont grimpé sur la scène pour danser au son de la musique de Bruixa Express, un groupe ska-rock de Lleida. On se raconte la fin de soirée et les chupitos avec le batteur du quintuor. Alodia me montre le SMS que je lui ai envoyé la veille et dont je ne conserve qu’un souvenir flou.

Comme de bons et véridiques Espagnols, et encore plus comme Aragonais, nous profitons tranquillement du temps qui passe. Disfrutar de la vida. Quand nous nous décidons enfin à nous lever de la table (notre table) pour aller sélectionner les conconctions de la nuit, il fait déjà noir et la neige n’a pas cessé de tomber. Après avoir expliqué en quoi consiste la sloche et avoir proposé la traduction « eslocha » (néologisme en attente d’approbation par la Real Academia), nous effectuons les transactions nécessaire, non pas sans difficulté car trouver une seule bouteille d’Amaretto fut toute une épopée, constatant l’abondance de spiritueux, liqueurs et bières de tout genre. Comme on dit, on était prêt pour aller veiller.

Juste avant de partir pour le souper, à 9h30, Montsé m’annonce qu’elle a un cadeau pour moi (en plus du voyage à Paris pour le nouvel an). J’extirpe de la boîte un magnifique manteau de néoprène acheté le jour même à la feria. Je le revêtis fièrement, et quitte la maison pour n’y entrer que comme personne majeure.

Nous nous amusons tous en mangeant, malgré la partie de futból qu’on ne peut voir entre Madrid et Barcelona – un match important pour déterminer la meilleure équipe, les passionnés du football d’ici appartenant aux deux camps du Real Madrid et du Barça. La pizza, la salade, les pimientos del padrón (« Y’en a qui piquent et d’autres que non ») et les frites de Mari nous plaisent beaucoup. Les grausinos étudiant à Barcelone, Huesca et Lleida se joignent à nous malgré la neige et à mon plus grand enchantement.

Nous nous dirigeons ensuite jusqu’à la Plaza Mayor et c’est alors que la cloche de la basilique commence annonce minuit. Ça y est ! J’ai maintenant officiellement 18 ans, en Espagne du moins ! On me félicite de toutes parts ! Nous procédons à l’ouverture officielle de notre propre bar. Les gens qui sortent des bars où ils regardaient la partie passent et se retournent à la vue de notre installation. Nous chantons à tue-tête et offrons des cubatas à toutes les personnes que nous connaissons. La place centrale est ce soir plus belle que jamais.

Nous décidons de continuer la fête à la Bullanga, comme toujours. Malgré que « y’avait pas grand monde dans place », le plaisir est au rendez-vous.

¡¡¡ FIESTA !!!

¡Jens!, ¡Torretas!, ¡Paux!, ¡Alodia!, ¡Adri!, ¡Julia!, ¡Blanca! ¡Nadia! ¡Carolina!

¡Alegría! ¡Suave! ¡Shine on! ¡Calabria! ¡Rise up! ¡Love don’t let me go! ¡”la chanson espagnole que j’aime bin mais que j’connais pas le titre”!

¡Cuba libre! ¡Calimocho! ¡Melocotón! ¡Tequila! ¡Cerveza! ¡Vino tinto y blanco! ¡Lambrusco! ¡Amaretto!


Il est 5h30. Je rentre à la maison à l’aube du jour avec le bourdonnement de la musique dans les oreilles et le sourire aux lèvres. Je ferme les yeux en me disant que je ne regrette pas d’avoir eu l’audace.

J’appréhende même déjà le retour.

mardi 25 novembre 2008

Suivez le guide! (partie 2)





Allez hop! Continuons de monter en empruntant ce joli chemin zigzaguant à l’allure pittoresque.







Voyez, au-dessus de vos têtes la basilique de la Virgen de la Peña! Oui, c’est un monument magnifique. Située sur un escarpement, elle fut construite dans les environs du 12e siècle et abritait une communauté de moines. Je profite de l’occasion pour vous exhiber mes connaissances en Histoire de l’art et vous affirme avec conviction que ce bâtiment présente plusieurs éléments typiques des églises romanes. Aujourd’hui, il renferme une impressionante collection de peintures de la même époque artistique.





Un dernier effort, car nous allons escalader le sentier menant au Corazón del Cristo, version grausina du Christ de Sao Polo. Depuis le belverdère, la vue sur la vallée de l’Ésera et sur les pyrénées, qui commencent d’ailleurs à s’enneiger dans les hauts sommets.






Maintenant, depuis cette hauteur, vous pouvez voir à votre droite le pont d'en bas qu’on appelle aussi à tort “pont romain”, car son edification remonte en fait à la période du Haut Moyen-Âge. Vous pouvez d’ailleurs le visiter, sa structure ayant été restauré il y a quelques années. De l’autre côté vous trouverez un sentier d’où, je présume, arrivaient les étrangers durant la période médiévale. Allez, redescendons par l’autre chemin!



mercredi 19 novembre 2008

Suivez le guide! (partie 1)

Le 19e jour du mois d’octobre de l’an 2008 fut une de ces journées mémorables. En effet, ce fut en ce mardi froid que j’eus la chance d’être officiellement consagré habitant de Graus. Je profite donc de l’occasion pour répondre aux multiples demandes à l’egard d’un article sur le dit lieu. En tant que grausino, il me fera donc plaisir de vous guider tout au long de cette visite, virtuelle bien sûr, de mon village d’adoption.

Nous voici donc à Graus, pueblo d’environ 3 000 habitants. Nous sommes situés dans la comarca de la Ribagorza, intégrée dans la province de Huesca, qui fait elle-même partie de la communauté autonome d’Aragon.



Nous commençons notre visite ici, sur la Plaza Fantón, le lieu public et la marché le plus ancien de la municipalité. Le site sur lequel est aujourd’hui édifié le village est habité depuis très longtemps. On a même trouvé des traces de vie humain remontant au Paléolithique. Après avoir été conquis par les arabes, les chrétiens prirent posesión de la cité en l’an 1083. Les premiers grausinos s’installèrent dans le quartier qu’on appelle Barrichós, où nous sommes actuellement et où j’ai aussi la chance d’habiter. Ce secteur présente une multitude de bâtiments anciens. Devant nous, on peut admirer la première résidence de la famille des Mur-Foncillas, lignée noble descendant de la dynastie des Bourbons et de la couronne d’Aragon. À cette époque, ce que nous appelons de nos jours l’Espagne était divisée entre les royaumes de Castille au centre, de Cantabrie-Asturies sur les côtes de l’Atlantique, de Navarre dans l’ouest des pyrénées, d’Aragon au centre-nord, les comtés catalans sur la côte méditerranéenne et l’émirat arabe de Granade au sud. L’année de construction de ce palais primitif est toujours couverte de mystère, mais il faut savoir que son architecture influencera la plupart des édifices de Graus avec son style distinct. Si vous posez le regard à votre gauche, vous verrez le portail authentique issu de la muraille qui entourait jadis le hameau. Cet élement architecturel figure d’ailleurs sur le logo actuel de Graus.


Continuons maintenant notre visite en remontant la rue San Vicente Ferrer, nommée en l’honneur de ce généreux saint qui est arrêté pisser dans une auberge de Graus, et qui depuis ce jour est considéré comme saint-patron. Des fêtes sont organisés durant le mois de septembre pour honorer cet homme – du moins c’est la raison première, car on en profite plus pour festoyer que pour prier – et vous pouvez lire mon article à ce sujet.


Prenons maintenant cette rue à notre gauche, la Calle de Mosén Andreu. En montant vous pourrez apercevoir ma maison, numéro cinq. En face, vous pouvez admirer une maison antique aujourd’hui déserte, et dont je peux observer l’intérieur obscur à partir de ma fenêtre les nuits de pleine lune, vision plutôt effrayante selon certains

lundi 27 octobre 2008

À l'aventure!

Ça y est! Je suis un grand garçon!

Eh oui, j'ai eu la chance de faire ma première excursion en solo. Destination: Barcelona, la ville culturelle et touristique, et Barcelona de noche, la ville de la fiesta.

VENDREDI
8h03 - Damià s'efforce de me réveiller. "Dépêches-toi! Il ne reste que 15 minutes!" Moi, sur le coup ne pense que "Merde, pourquoi ne suis-je pas déjà debout?" Et c'est alors que ma cervelle dégèle. Je me lève, descend dans la salle à manger, lui ordonne de se lever et lui envoie quelques bonnes hostias derrière la tête. Il avait oublié que je partais pour Barcelona. Mais bon, étant debout, je décide de me préparer tranquilement.

9h34 - Deux pantalons, deux chandails, la caméra et assez d'argent pour la fin de semaine. Todo listo. On y va. On grimpe dans la fourgonette et on se dirige vers Barbastro.

10h20 - Dernières recommendantions de Monsté: "Fais attention, mais surtout amuse-toi." Allez hop dans l'autobus.

13h55 - Bienvenue a Sants estaciò. Je rejoins Laura et on prend le métro direction: centre-ville. On débarque Plaça Catalunya, à l'extrémité de La Rambla. Classique. On descend la rue des plaisirs et on bifurque vers le Barrio gótico. Définitivement, c'est une ville très jolie, très ancienne, très moderne. Une ville européenne. Comme il ne s'en fait pas en Amérique. À part peut-être Québec, et même encore.

14h49 - On arrive au port de Barcelona et j'en profite pour saoûler mes yeux de palmiers et de Méditerranée. Malheureusement le ciel commence à se couvrir. De toute façon, une fois qu'on découvre cette cité on ne veut qu'y revenir. J'aurai amplement le temps de voir la playa ensoleillée. On s'arrête un peu à Mare Magnum pour prendre un café. Une amie de Laura nous rejoint.



19h22 - La pause café a duré plus longtemps que prévu. On a bien rit, on a discuté des grausinos devant le regard un peu curieux de Silvia, un citadine confirmée de Barcelona. On sort de Mare Magnum et on cherche un resto pour le souper. On en trouve un et on se donne rendez-vous à 9h45.

19h41 - Je retourne à l'auberge jeunesse et y dépose mon sac à dos. J'en profite pour consulter mon courriel et jaser un peu sur MSN.

9h53 - Enfin, nous nous retrouvons devant la resto. Je choisis un repas typique catalan: le pain grillé avec tomate et accompagnements. On s'amuse bien et on profite du repas.

10h40 - On quitte le resto en se moquant discrètement de la serveuse amnésique à qui on a du répéter deux fois, à vingt minutes d'intervalle, d'apporter la facture.

10h59 - On se trouve à Plaça Espanya et j'observe les vendeurs de rue qui offre de tout: vêtements de marques copiés, sacs Prada à 10 euros et DVD à l'origine douteuse. Le tout est disposé sur une toile avec des cordes aux quatre coins que les vendeurs, tout sauf espagnols, tiennent constamment dans leurs mains. On m'explique qu'à la simple vue d'un policier, la vingtaine de vendeurs illégaux ferment la toile et s'enfuient plus vite que l'éclair. Je me sens un peu coupable de souhaiter voir ça en action. Après tout, ça doit être impressionant! Et puis ces autres immigrants à l'accent exotique qui offrent de la bière (probablement chaude et brassée à souhait) à chaque dix secondes.

11h40 - On descend La Rambla en direction de la mer. Cette fois-ci c'est des billets pour des chupitos (shooters) gratuits qu'on se fait offrir. L'adresse indiquée se trouve à Mare Magnum. On décide d'y aller. On se retrouve dans un genre de bar haute classe mais presque vide. Je me dis: "Ce bar-là se la crée sérieusement...".

12h55 - J'arrive à l'auberge et monte à ma chambre où se trouvent maintenant trois autres voyageurs.

SAMEDI

9h35 - Je me lève avant même que mon réveil ne sonne. Je remballe tout rapidement, redonne les clefs à la réception, passe la porte et me retrouve au centre de Barcelone. Je prends un croissant et un café, puis décide de retourner à la Sagrada Familia. Après m'être perdu dans le métro je décide d'abandonner le projet. Je me dirige vers le point de rencontre AFS à Sants Estaciò. J'arrive parmi les premiers et retrouvent mes amis du monde.

Journée de plaisir avec mes collègues AFS.

18h30 - Les bénévoles AFS nous disent d'aller chercher une veste. On nous annonce que ce soir, on sort à Barcelone. Voilà le marché: ceux-ci nous disent dans quel restaurant nous mangerons, mais nous devons nous y rendre par nous-même. On demande des indications au passants, instructions qui s'avèrent finalement contradictoires. Après des heures de plaisir dans les labyrinthes du métro, on se retrouve devant le Telepizza. Il est plus de 9h3o.

10h44 - Nous sortons à la rue et maintenant les bénévoles nous guident et nous amènent dans le quartier Gracià, le quartier de la fiesta et des botellones. Malheureusement, comme c'est une rencontre officielle de AFS, nous ne pouvons pas aller passer la nuit dans un bar. On retourne à l'auberge.

On s'amuse quand même toute la nuit avec les AFSers et les bénévoles. Et ce, malgré un réveil imminent à 8h30. Et de toute façon, avec le changement d'heure on gagne une heure de sommeil!

DIMANCHE

Journée ennuyante et activitées dont le but est qu'on apprenne à se connaître. Mais on sait déjà tous qu'on se connait très bien. Et pas nécéssairement à cause des trucs organisés d'AFS!

lundi 13 octobre 2008

La routine... et comment la briser!


La routine est un phénomène qui se produit quand un humain, d'abord inséré dans un milieu inconnu, en vient à s'accoutumer au moeurs, aux habitudes de se pays et devient soudainement un peu comme un robot.

Voilà que cette semaine paraissait d'abord très routinière. Mais elle s'est avérée être tout sauf ennuyante. Je dirais que je suis maintenant "intégré". Je ne me surprend plus quand un gilipollas de merde me dépasse dans une file, je sais maintenant que la rapidité du service dépend du volume de voix utilisé, je ne sursaute pas quand une mère appelle sa fille coño (vagin), je sais que manger du pollo et de la polla c'est pas du tout la même chose, que hostia et osti' veulent dire la même chose dans les deux langues et qu'un cocho c'est un perro (chien) en baixoribagorzano.



INGRÉDIENTS de la fin de semaine:
-Las Fiestas del Pilar et lundi de congé
-Un char pour descendre
-Des manèges, des churros, du Ron Brugal et l'Interpeña
-De la musique techno, Alegría*
-Des amis sympas
-Un appart' introuvable et des oeufs frits

Mélanger le tout et vous réussirez à briser la routine!

*

mercredi 1 octobre 2008

Gagnant Eurovision 2008

L'ESPAGNE!

Voici un petit remake purement grausino.



Et le succès de l'heure pour danser!

Viatge a Barcelona (Viaje a Barcelona)



Cette fin de semaine fut consacrée à la découverte de cette ville magnifique, à la fois branchée et relax', à la fois multiethnique et purement catalane qu'est Barcelone. J'ai pu, du moins superficiellement, apprivoiser la langue, la culture et la fierté catalane.




Nous avons séjourné, Montsé Damià et moi, chez la abuela maternelle. La maison, une modeste cabane de trois étages décoré comme un château, est située dans la banlieue bourgeoise de Bellaterra. Nous y avons logé comme dans un hôtel, avec télévision satellite et salle de bain pour chaque chambre bien sûr. La comida? Cinq copieux repas quotidiens, paella, jambon à la truffe... et à chaque fois accompagné d'un excellent vin de Pays. Sylvestre, le second mari de la mère de Montsé, fut bien content de m'accueillir et de pratiquer son anglais avec moi, même une fois lui ayant expliqué ma situation de francophone. Ayant beaucoup voyagé, il dégageait un esprit d'ouverture et paraissait avoir une grande culture générale. Tout le contraire de sa moitié, qui est le genre de personne à penser que nous vivons dans des igloos, nous alimentant de bébés phoques crus.




Discutant lors du dîner de ma joie d'être situé près de Barcelone, mais hors de la zone de parler catalan, il a paru raidir, avant de lancer un "non, ce serait important pour toi d'apprendre le catalan, on est quand même 8 millions ici". Ouais, et tous parlent aussi castillan. Bref, c'est un pur nationaliste, mais je le comprends, depuis que je suis arrivé je ne sais pas combien de gens j'ai éduqué sur la situation du Québec.




Samedi, toute la journée, nous avons pu goûter à la diversité barcelonaise. La beauté de la Méditerranée, l'audace des oeuvres de Gaudì, la fausse piété espagnole, le plus joli quartier pauvre du monde (le Barrio Chino), le grouillement perpétuel des grues de la Sagrada Familia et surtout, l'animation incessante de La Rambla, cette avenue piétonnière longue de plusieurs kilomètres et jonchée de kioskes de toutes sortes, d'amuseurs publiques, ou même de citadins prenant le café.




"Si le monde, dans un cataclysme indésirable,

venait à disparaître, les survivants se retrouveraient



sur La Rambla, là ou la chance et le malheur



trouvent un espace commun."




-Le palimpseste de Barcelone







Je repart dimanche après-midi, avec le désir profond d'y revenir.



Fins aviat!

À bientôt!




mercredi 24 septembre 2008

Juannito al colegio... y a la fiesta

Eh oui, ce trip en Espagne inclus aussi de fréquenter le collège.

Ma première journée fut plutôt agréable, retrouvant certaines personnes rencontrées lors des Fiestas et faisant la connaissance de plusieurs autres. Nous sommes dans un petit village et ça paraìt. Dans le programme Humanidades du Segundo de Bachillerato nous sommes environ une quinzaine. L'horaire, qui implique de commencer les cours à 8h30 le matin, mais qui heureusement nous permet de terminer à 14h30, comprend plusieurs matières tel que le Latin, la Géographie européenne, l'Histoire de l'Espagne, l'Histoire de l'Art, la Philosophie et le Français. Les matières obligatoires sont Lengua y literatura castellana, l'Anglais (équivalent au niveau primaire au Québec), la Religion ou, comme dans mon cas, Alternativa.

Puisque nous finissons tôt, cela nous permet d'aller prendre le café vers 16h (heure de rdv qui en réalité s'approche de 16h30, voir premier article).

Remarque stupide: "On a vraiment du café de tapette chez nous. Le café espagnol, plus fort et plus consistant, est bien meilleur. On le prend avec une montagne de sucre, évidemment."

Samedi dernier, 20 septembre, nous sommes sortis dans une demi-douzaine de bars différents.

Remarque stupide: "Au moins ici on a pas besoin d'avoir 18 ans pour aller dans un bar. Même Damià, qui a 12 ans, peut aller partout. Ici c'est une activité familiale d'aller prendre un verre."

À la Bullanga, à qui j'emprunte gentiment le réseau wifi pour vous écrire ces lignes, organisait une soirée avec DJ. À partir de 1h du matin, la fiesta commençait.

Beaucoup de plaisir, et encore de nouvelles rencontre. D'ici deux semaine je connaìtrai le village au complet on dirait!

Laura, une des rencontre, m'explique qu'elle étudie présentement à l'Université de Barcelone mais qu'elle a fait, l'été passé, la même expérience que moi (mais pour deux mois) et dans un lieu différent. Devinez où... à Montréal! Je discute un peu en Québécois avec elle, un cubata à la main, et ça fait du bien. Et puis son frère va lui aussi à l'instituto de Graus, je l'avais déjà rencontré d'ailleurs. Elle me dit ensuite que si je veux visiter la Catalogne, je pourrai crècher dans l'appartement de sa grand-mère, qu'elle partage avec quelques colocs. Youpi!

Alegría! (suivi d'un beat techno de la mort).

En plus, j'irai cette fin de semaine à Barcelone, pour de vrai cette fois!

Autant la vie est relax' ici, autant ça n'arrête jamais pour moi!

jeudi 18 septembre 2008

Felices Fiestas

Du 12 au 15 septembre: édition 2008 de cette vieille tradition que sont les Fêtes de Graus.

Ce furent 4 jours de fête bien chargés, en plus des quelques événements antérieurs au début officiel. Déjà, le 11 durant la journée, on pouvait entendre les pétards éclater dans tout le village. L'atmosphère festive était palpable. Ce soir-lá, nous avons été, Damià et moi, à la Plaza Mayor pour voir l'ouverture officielle des Fêtes, qui devait se faire à minuit. Évidemment, avant 23h, la Plaza España nous apparut complètement inanimée, heure du repas oblige. De toute façon, avec la ponctualité espagnole, le tout ne commencerait pas avant minuit et demi. Lorsque tous se furent rassemblés à la place centrale du village, la mairesse fit son discours et présenta ensuite les repatanes.

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Aragón for Dummies

Repatan: jeune personne de 15 à 18 ans qui, en couple avec un autre repatan du sexe opposé, fait office d'ambassadeur des Fêtes et qui se doit d'être à tous les événements, que ce soit les activités de broderies pour les vieux à 10h que les party qui durent jusqu'au petites heures du matin. On peut les reconnaître grâce à la robe blanche que portent les filles et ke costume traditionnel pour les garçons, tous deux portant le ruban jaune et rouge aragonais.

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À ma grande surprise, j'y reconnu deux amis d'Alodia qu'elle m'avait présentés: Jens et Eva. En tout, il y avait 5 couples.

Le soir du 11, la Peña La Rafollada organisait un rave de minuit à midi le lendemain. Nous y sommes donc allés, mais je ne suis rentré "que" vers les 5h. J'ai rencontré, encore une fois, plein de gens sympatiques donc certains iront à l'école avec moi.

12 septembre

Lever matinal (bah oui) à 10h le lendemain. Je suis sorti avec Damià pour aller voir, ce que je croyais être, une parade. Une fois rendus sur la rue principale, je rencontre des amis et mon frère d'accueil s'éloigne avec les siens. Débute alors le "défilé" avec le passage de l'orchestre local qui sont suivis par les cabezudos.

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Aragón for Dummies

Cabezudos: jeunes hommes en robe affreuses coiffés de grosses têtes en papier mâché pourchassant les plus petits pour essayer de les frapper avec un balai de paille.

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Ensuite, différents carosses tirés par des tracteurs ayant comme thème l'Égypte ou par exemple Ange et Démon défile, chargés de villageois festifs qui dansent, chantent ou crient. Celui de la Peña Ö Güeya Mörra consistait en une vache sur roulette remplie de canettes de bière qu'ils distribuaient aux gens ou qu'ils utilisaient pour éclabousser tout sur leur passage.

Ici, on ne regarde pas la parade passer, on suit son parcours et on en fait partie.

Une fois bien sales et un peu réchauffés, nous sommes accourus vers la rivère pour y plonger et s'y baigner. C'était aussi chaud qu'une plage de la Gaspésie au mois d'octobre. Les plus vieux, eux, observent la baignade du pont en se remémorant les Fêtes de leur jeunesse, où, déjà dans ce temps là, tout était permis. Nous finissâmes la journée avec un spectacle musical à la Plaza Mayor.





13 et 14 septembre, fin de semaine à Barcelone
(voir message précedent)

Soir du 14 septembre

Je découvre qu'il n'y a pas qu'en Écosse qu'on trouve des cornemuses. En effet, il y en a, on ne sait pas trop pourquoi, depuis longtemps dans ce coin reculé des Pyrénées. Des jeunes du village en costume traditionnel et portant deux épées défilent dans les rues, suivi de joueurs de cornemuse et des mononcs' dont le plaisir est de tirer des balles à blanc (avec le plus de poudre possible) avec leur espèce de fusil antique. Mon "plaisir", ce fut de devenir à moitié sourd pour une heure après qu'un coup fut tiré à 30 cm de mon oreille. Aussi, on aurait dû me dire plus tòt qu'il fallait ouvrir la bouche!

Le soir, après le souper, autre tradition: les jeunes du village (ce qui m'inclut maintenant) s'habillent en vieux linge et se promènent dans les rues en procession de saoûlons. Lorsqu'on apercevait une maison illuminée, on arrêtait pour quêter de l'eau. "Agua! Agua! Agua!". Si les gens sont sympas, la majorité le sont, ils vous balancent deux ou trois chaudières d'eau dessus. On passe par le fait même de peña en peña, chacune offrant des litres et des litres de vin ou de bière qu'on boit à moitié puis qu'on lance sur un ami ou dans la foule! Sentant le houblon et le raison fermenté, on passe la soirée dans un grand espace où chaque peña a son kiosque. On appelle ça: Interpeña.

15 septembre

Journée plus relax' avec cérémonies et processions religieuses (tsé quand on promène la vierge partout là). On passe encore la soirée à l'Interpeña et on admire le feu d'artifice qui fut plutôt impressionant pour un vilage de 3 000 habitants.

Conclusion, une semaine de fiesta ressemblant à un mélange de la St-Jean, du Carnaval de Rio, du Carnaval de Québec et du 150e de Courcelles, peu de sommeil et une rentré à l'école un peu épuisé. Une tonne de nouveaux amis et une année qui commence très bien.


Sur un air de chanson festive:

¡Yo soy e'pañol, e'pañol, e'pañol!

El Yoann no está, el Yoann se fue....

...

lundi 15 septembre 2008

Fin de semaine à Barcelone

Samedi 13 septembre, lever à 6h00 du matin. Deux heures de sommeil, encore à cause des fêtes (Je ferai un article bientôt sur le sujet). Un voyage de 30 minutes jusqu'à Barbastro pour attraper un bus. Et quatre heures d'autobus jusqu'à la capitale catalane. Heureusement que j'ai pu en profiter pour dormir!

Arrivée dans la station Sants tout seul et un peu désorienté. Je finis tout de même par trouver le point de rencontre des gens d'AFS. C'est un peu étrange le concept, non? Vingt étudiants d'une quinzaine de pays, qui se suivront durant un an pour une expérience hors du commun en Espagne. Ben en fait, j'ai éte placé avec les gens de AFS Catalunya parce que nous ne sommes que deux étudiants en Aragon. On marche un peu dans les rues de Barcelone et on se dirige vers le parc Guëll. (Maman ça c'est le parc avec les bancs en céramique ou vont Xavier et la femme du docteur dans L'Auberge espagnole). La vue sur Barcelone est magnifique. Je vois la méditerranée pour la première fois. Malheureusement, les moniteurs nous disent que pour aujourd'hui, nous ne visiterons pas vraiment d'autres sites. Merde! À la place, nous ferons quelques petites activitées pour se connaître un peu et nous inicier à la culture locale. Quatre heures de bus pour jouer à des jeux de jilipollas.

On se rend ensuite à l'auberge jeunesse où nous resterons pour la nuit. ¡Joder, qué chulo! Ça ressemble plus à un hôtel 5 étoiles que d'autres choses. Mais bon, reste que nous sommes 6 dans une chambre. J'adore immédiatement le concept: des jeunes de partout dans le monde qui peuvent séjourner à Barcelone pour 25 euros la nuit. L'ambiance est déjà agréable.

On refait d'autres jeux qui peuvent paraître un peu étrange au début mais qui fonctionne bien pour créer des relations. On s'entend tous bien. Fin des jeux vers 23h, ici c'est l'heure où tout commence. Deux suisses, une islandaise, une brésilienne, deux américains, un québécois et un aki. C'est peut-être ça le intercultura de AFS. On se rend compte que malgré certaines différences, on arrive tous à s'entendre et on se rend compte qu'au fond, nous sommes des jeunes, point. On a tellement de plaisir qu'on ne se couche qu'aux petites heures du matin, malgré un réveil imminent à 7h30. Les longues heures de voyagement en valeront la peine.



On se laisse le lendemain en se promettant de se retrouver bientôt à Barcelone. Les 12 euros pour le bus en valeront la peine!

lundi 8 septembre 2008

Arrivée et premières impressions

Nous sommes arrivés a Madrid vers 16h Anne-Sophie et moi. Des bénévoles AFS (Pues des jeunes de 17-18 ans) nous attendaient avec des arrivants de France, d'Autriche et de Suède. Petit malaise au début, mais on commence finalement une conversation. C'est vrai qu'après plus de 30 heures sans dormir la discussion vient moins facilement. On goute tout de suite au sens de l'organisation espagnol. "On est supposés avoir un bus réservé. - Ah oui? -Je crois oui. -Ouais mais il nous attend ou? -Hmm devant la porte j'imagine. -Mais ya plus qu'un terminal! -Ah ouais... on verra."

Comme beaucoup me l'ont dit, ici si on a un rendez-vous a 17h, faut pas arriver avant 17h30 sinon on va attendre tout seul. Et c'est pareil pour le travail. Elodia, l'ancienne gardienne de Damia (mon petit frère d'accueil, pour ceux qui ne le savent pas)m'a fait visiter le village et m'a dit qu'elle travaillait à 17h. On a donc été prendre un café dans un bar pour rejoindre des amis à elle et pour que je connaisses quelques jeunes de mon age. Soit dit en passant, des bars il n'en manque pas ici. C'est un village de 3000 habitants et il doit y avoir une quinzaine de bars. Bref, pour revenir au sujet de la ponctualité, elle est partie travailler vers 17h10. Je l'ai accompagné jusqu'au magasin de chaussures ou elle travaille, et on a discuté jusqu'à 17h20 devant le dit magasin.

En gros, tout est très différent ici. Je pourrais passer des heures à vous décrire les différences mais j'en vois pas l'intéret et puis de toute façon j'ai du mal a me concentrer parce que c'est bruyant partout. Les ancianos (les vieux) regardent avec beaucoup d'intéret la corrida qui passe a la télé et expriment leur excitation a chaque beau coup des torreros.

Ça, on en reparlera une autre fois. Je termine mon verre et rentre a la maison. Ce n'est qu'a quelques minutes a pied.

Hasta luego!

lundi 1 septembre 2008

Nous sommes le 1er septembre




1er septembre, mon départ est prévu pour dans 3 jours.

Une ébauche de valise et un univers à quitter pour 10 mois.

Un billet d'avion pour l'inconnu.

Je sors du quotidien et m'envole avec KLM pour découvrir un tout nouveau pays, une nouvelle culture. J'habiterai une nouvelle maison au coeur d'un petit village des pyrénées avec Montserrat et Damia. Le plein air des montagnes et l'enivrement de la nightlife de Barcelone. L'expo universelle de Zaragossa et un court séjour à Madrid. Escale à Amsterdam.

Les heures sont comptées.

Et... Que Viva España!