lundi 25 mai 2009

Con la mochila, un libro y mis dos piernas.

Avec le sac à dos, un livre et mes deux jambes.

J’éteins le cellulaire avant qu’il ne sonne l’angelus. Ce ne sera pas nécessaire, puisque je n’ai pas réussi à fermer l’œil de toute la nuit. Mon bagage est presque terminé, je n’ai qu’à ajouter quelques objets complémentaires. Je n’emmène pas de ces valises gigantesque de touriste, je n’ai qu’un sac d’excursion marqué du fleurdelisé et un sac à dos. J’ingurgite une madeleine, mais sans tasse de café afin de pouvoir dormir, et je pars pour Barbastro. Cette fois-ci, j’ai bien vérifié que l’horaire du bus n’ait pas changé et je l’attrape à temps. Il s’agit d’un trajet de trois heures et demie, et c’est la première fois que je reste éveillé de Graus jusqu’à Barcelona. Je dois vraiment être trop enthousiasmé par ce voyage, car je ne ressens pas le moindre signe de fatigue. J’arrive à Barna vers dix heures, je laisse mes sacs dans un casier, et je sors avec mon Barcelona de cerca et mon désir d’enfin avoir tout vu de la célèbre métropole catalane. De Sants Estació je prends le métro et me dirige instinctivement vers Urquinaona. Je dirais que je me retrouve maintenant plus facilement à Barna qu’à Montréal. La première étape de mon plan mental, quoiqu’un peu flou, est l’Arc de Triomf, porte d’entrée à l’Exposition universelle de 1888 et le Parlament de Catalunya. Je me dirige ensuite vers le quartier La Ribera. Je visite la cathédral Santa Maria del Mar, célèbre monument de pur style gothique catalan que j’ai d’ailleurs étudié dans mon cours Histoire de l’art. Je déambule dans les rues étroites du quartier historique et suis tenté d’entrer au musée Picasso, dont l’entrée est gratuite aujourd’hui. Il y a beaucoup trop de monde, ce sera pour une autre fois. Je quitte enfin la zone historique et traverse à la Barceloneta. Le soleil tappe, et il fait chaud. Les touristes et les citadins se mêlent sur les plages pour profiter des premiers jours de grande chaleur de l’année. Je fais un peu de photosynthèse, puis je m’engouffre dans une bouche de métro. Je m’évade dans mes pensées, et m’imagine étudier à Barna avec Erasmus pendant que le wagon est propulsé entre les entrailles de la ville. « Pròxima estació, Paral•lel. Correspondència amb línea dues i telefèric de Montjuïc. » résonne dans les hauts-parleurs. Je sursaute et descends du train. J’entre dans le téléphérique et m’assois en attendant qu’il effectue son départ. Mais rapidement, tout se remplit de touristes. J’aperçois une femme avec son bébé qui essaie de trouver une position sécuritaire pour se tenir debout. Je lui offre mon siège, elle refuse, mais j’insiste et elle fini par accepter.. C’est alors que j’entends un groupe de français dire : « Oh comme il est poli ce jeune homme ! » Je me retourne vers eux et leurs souris. Puis, je les entends chuchoter « Tu crois qu’il parle français? –Mais non il parlait espagnol avec la dame… »

Le téléphérique s’arrête en haut de la célèbre colline de Montjuïc, emplacement du premier peuplement à Barcelona et cela, bien avant l’arrivée des romains. La chaleur devient insupportable mais malgré cela, je maintiens un bon pas de marche. Je parcours le parc et ses chemins en zigzags. J’arrive finalement à la forteresse. Présentement possession du gouvernement espagnol, elle devait être transférée à la Generalitat avant que l’actuel proprio décide d’inclure une clause obligeant la présence du drapeau national. Cela fait maintenant deux ans qu’ils débattent pour un drapeau.


Il reste deux heures et demie avant mon vol, et je décide de me diriger vers l’aéroport. Je descends la colline à pied et cherche la station de métro la plus proche. On m’apprend que les deux stations du pied de Montjuïc sont fermées. Merde! Je dois marcher quinze minutes pour trouver une station. Métro. Deux stations, transfert. La direction est mal indiquée et je me trompe. Descente à la station suivante. Changement de direction et attente de la prochaine rame. Je monte, quatre stations. J’arrive à Sants. Je demande pour la navette vers l’aéroport. L’employé me dit de prendre le train numéro sept. Je monte. Quinze minutes. Je m’inquiète et demande pourquoi on n’arrête pas à l’aéroport. On me dit : oui c’est mal indiqué il faut descendre a Prats de Llobregat, station déjà passée, et changer de voie. Descente à la prochaine station. Changement de direction. Dix minutes avant que le train n’arrive. Retour jusqu’à Prats de Llobregat et attente du train. Je regarde la montre. Quinze minutes avant la fin du check-in, et le puto tren n’arrive pas.

Il arrive, j’embarque et espère qu’il arrive vite. Les portes s’ouvrent et je perds mon sens de civilité. Ce n’est pas un couloir d’aéroport, c’est un terrain de rugby. Je cours comme un fou, en prenant soin de m’excuser à l’avance à ceux que je vais bousculer.

J’arrive au comptoir et la demoiselle me dit de me dépêcher. Pas le temps de facturer le sac d’excursion, « on va dire que c’est conforme comme bagage à main » me dit-elle. Je cours et arrive à temps à la porte d’embarquement. Je m’assois, commande le premier breuvage que j’ai le temps de prendre depuis deux heures. Je suis complètement épuisé, mais malgré tout je remarque que ma voisine de siège est plutôt mignonne. On se présente et on commence à parler. Quand se fait le silence, sans m’en rendre compte, je tombe dans un sommeil profond. (À suivre...)

1 commentaire:

Isabelle a dit…

J'aime tellement lire ce que tu écris, comme tous les textes que tu as écrit depuis le début de ton aventure celui-ci est aussi passionnant et de plus, il m'intringue car j'ai hâte de connaître la suite des évenements. J'espère que tu en profite encore pleinement et j'ai hâte de te revoir. Je t'embrasse XXXX tante Isabelle